BELLE DE JOUR

04min31 – 16/9 – HD – 2011.

 

Je cherchais à donner une genèse à mon personnage. Mon choix s’est porté sur les genèses de monstres. La figure du monstre va au delà des considérations de genre, c’est une entité qui échappe aux normes et donc en perpétuelle mutation même au sein du genre cinématographique qui la recrée sans cesse. L’image développée, la main sortant de terre, est le point névralgique mais aussi le plan final du film. J’ai voulu pousser celle-ci à son paroxysme, qu’elle ne soit plus un lien narratif symbolique mais une fin en soi. L’action de creuser est complètement absurde, d’autant plus qu’au départ on ne connait pas le but de cette action qui baigne dans l’univers du western accentué par l’utilisation ponctuelle de la musique d’Ennio Moriccone.
Belle de Jour a été d’abord pensé comme une performance. Peu à peu, le traitement filmique s’est imposé de lui-même. L’action de creuser en elle-même n’est pas valable dans sa continuité car elle n’évoque que pénibilité. En revanche, lui accorder un temps fictif mais qui correspond à la grande majorité de la séquence permet de jouer sur sa dramaturgie. Sa gratuité est d’autant plus renforcée que son accomplissement, la main sortant de terre, est une image de studio, artificielle.