LA MADONE

Théâtre du Parvis Saint Jean – 1h – Dijon – 2009.

 

 

Ma problématique était la suivante : qu’est ce qu’être image ? Comment devient-on une image ? J’ai choisi de réciter le Dormeur du Val d’Arthur Rimbaud en boucle pendant une heure (durée de détérioration maximale du costume par le corps) au Parvis Saint Jean, une église reconvertie en théâtre. Ce texte est très imagé, de plus il est paradoxal : le corps d’un soldat gisant dans un paysage idyllique. Deux conceptions s’affrontent : le Beau et le Laid. J’ai voulu faire apparaître alors un premier personnage celui de la Madone, celui de la mère. Le poème devient une prière. Je me suis ainsi costumée en Madone en réalisant un costume sur mesure cousu sur moi. En récitant le texte durant la performance, j’adoptais les postures présentes dans les représentations de Madone. Petit à petit le costume s’est déchiré à cause de la pression du corps, le maquillage a coulé à cause d’un éclairage volontairement trop fort, le texte devenait de plus en plus difficile à réciter. L’image au départ qui se voulait plaisante et un reflet de perfection s’est peu à peu délitée passant de la Madone à la putain. La détérioration du vêtement, déchiré par le corps vient exacerber la violence du poème de Rimbaud. On est face à une image mutante, une sorte de strip-tease où les postures pieuses s’érotisent peu à peu.